jueves, 22 de diciembre de 2016

BLANDINE MERLE [19.772]


BLANDINE MERLE

Blandine Merle (Poitiers, 1981). Estudió Letras Modernas en el Institut Supérieur de Théologie des Arts (ISTA). Publicó sus primeros poemas en revistas mientras se dedicaba a la docencia del francés. Ha colaborado con asociaciones humanistas coordinando talleres de escritura e impartiendo cursos. En 2011 publicó su poemario Par obole (Cheyne Éditeur), merecedor del Prix de poésie de la Vocation (2011) y Prix de la fondation L-A finances pour la póesie (2012). 


De este libro son los poemas aquí ofrecidos. Las traducciones son de Raúl Durán.
http://circulodepoesia.com/2016/12/veinte-poetas-francofonos-recientes-blandine-merle/







tiempo muerto: la tormenta clavada en las baldosas,
la sed apoyada en la otra vertiente
el único vidrio que asir
en el punto intermedio de las gotas contra la mejilla
es una superficie reflejante
(entendemos por eso un espejo
donde se depone, al final del respiro, el aliento labrado
por la lluvia, listo para cortar –



*

temps mort : l’orage rivé aux carreaux,
la soif adossée à l’autre versant
le seul verre à saisir
dans l’entre-deux des gouttes contre la joue
est une surface réfléchissante
(on entend par là un miroir
où se dépose, à bout de souffle, l’haleine équarrie
par la pluie, prête à couper –



*

la manía del papel no deja más orden
al final,
queda el teatro alumbrado de una espalda,
el aparejamiento en silencio de una hoja
con una idea
la huella en fin del doblez y de la selección,
es coser a sí el tiempo del purgatorio
(el alma estará, lo bastante rápido, de un costado)



*

la manie du papier ne laisse pas plus d’ordre
à la fin,
il reste le théâtre éclairé d’un dos,
l’appariement en silence d’une feuille
à une idée
la trace enfin du pli, et du tri
c’est couturer à soi le temps du purgatoire

(l’âme ira, bien assez vite, d’un côté)



SANGUÍNEOS (fragmentos)

bajo la lluvia podría tener lugar de preámbulo
si le agregamos, casi enseguida,
el detalle de un carrito chocón

y en el recuerdo extranjero rehace superficie
una mirada de contrabando:
anzuelo al lado del vestido
despreciando toda formalidad
levantando más bien, remontando por el hierro
el grano de piel caído en la trampa,
forzando el encuadre del paso de la puerta que se abre,
la urgencia de ir al baño



SANGUINES (extrait)

sous la pluie pourrait tenir lieu de préambule
si l’on ajoute, presque aussitôt,
le détail d’une auto tamponneuse

et dans le souvenir forain refait surface
un regard de contrebande :
hameçon à flanc de robe
faisant fi de toutes formalités
troussant plutôt, remontant par le fer
le grain de peau pris au piège,
forçant l’encadrement du pas de la porte qui s’ouvre,
le contraignant d’aller au bain


*

en lo más fuerte del abrazo cuando no es querido
el cielo se desprende y pierde pie

como la carne en el vicio de la carne
torna al rojo
y por largas destilaciones se escurre

la lluvia no podrá limpiar nada
de lo que se incendia, ya que fluye a la deriva

sobre la abertura de las piernas


*

au plus fort de l’étreinte quand elle n’est pas voulue
le ciel se désengage et perd pied

comme la char dans l’étau de la chair
vire au rouge
et par longs suintements s’égoutte

la pluie ne pourra rien laver
de ce qui s’incendie puis coule à la dérive

sur l’échancrure des jambes



*

la pantalla extiende su orbe negro y blanco

pero cuando el fondo del cuerpo es tocado —
allí donde el hierro oxida la arcilla sin retorno

esto se vuelve incandescente

y el ojo no ve más que un hierro
sobre toda la superficie,
convertida en las dimensiones de la herida



*

l’écran étend son orbe noir et blanc


mais lorsque le fond du corps est touché —
là où le fer oxyde l’argile sans retour

cela devient incandescent

et l’œil ne voit qu’un feu
sur toute la surface,
transmuée aux dimensions de la plaie





Blandine Merle

Blandine Merle est née en 1981 à Poitiers. À la suite d’études littéraires, elle enseigne le français et anime des ateliers d’écriture. Outre des collaborations à diverses revues, elle a publié en 2011 Par obole aux éditions Cheyne. Ce recueil lui a valu en 2011 le Prix de poésie de la Vocation (Fondation Marcel Bleustein) et en 2012 le Prix du premier recueil (Fondation L.-A Finances pour la Poésie).

http://blandine-merle.ek.la/



Par obole, extrait 1

à présent, huitième cercle : le  corps
s’arque depuis les pieds près des braises

les flèches sont, à répétition,
des non ! anguleux sur fond rouge (ne pas toucher)

la syllabe monolithique
ne s’extrait de la bouche qu’en tremblant

de même que vacille dans les flammes
ce qui, en brûlant, la recouvre
du fracas de la pierre à l’entrée d’un tombeau

on appelle cela le chant des enfouis

Par obole, Prix de la Vocation 2011, Cheyne éditeur »



Par obole, extrait 3

l’empire
d’avoir pris grand ouvert
un tournant risqué d’hommes
(bluettes factices)
déferle à coups de ciseaux

le réseau en pâtit des cheveux
emmêlés des veines

Par obole, Prix de la Vocation 2011, Cheyne éditeur »



Par obole, extrait 4

les gouttes d’une pluie sableuse
chues aves l’image d’un prince

contre la vitre

alors la glaise, attendre
qu’on vous refasse (ou de la côte d’Adam)

le poste de radio allumé en sourdine
contre les stores baissés ;

et réajustant les bretelles
dans l’interstice du demi-jour


Par obole, Prix de la Vocation 2011, Cheyne éditeur »




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