sábado, 17 de diciembre de 2016

ANDRÉ CHENET [19.754]


André Chenet

André Chenet. Poeta francés que vive en Buenos Aires desde agosto de 2016. Publica en numerosas revistas francesas y edita “Danger Poésie” (“Peligro Poesía”) en Internet (http://poesiedanger.blogspot.com) el primer blog convertido en “revista de poesía”. Fundó la revista de Arte y Poesía impresa “La Voix des Autres”  (“La Voz de  los Otros”), que publicó una centena de autores francófonos y extranjeros desde 2004. Desde comienzos del año 2000, crea y organiza Encuentros de poesía en el sudeste de Francia; creó el festival de poesía alternativo “Les Fous du Loup” (“Los Locos del Lobo”), en una villa típicamente mediterránea.


*Los siguientes poemas fueron traducidos por Cristina Castello, poeta y periodista argentina



Exilio de la poesía (Extracto)

¿No es acaso la poesía el arte
De desatar nudos de serpientes
Para recobrar el paso perdido de la eternidad?
Dos soledades se casan
En las métricas y fragores del VERBO
Piedra mágica de toque de altas migraciones
Vos sos la poesía mujer a flor de piel
Mujer con dedos sanadores de soplo perfumado



Exil de la poésie (Extrait)

La poésie n’est-elle pas l’art
De dénouer des nœuds de serpents
Afin de retrouver le passage perdu de l’éternité ?
Des solitudes s’épousent
Dans les scansions et les fracas du VERBE
Pierre de touche magique des hautes migrations
La poésie c’est toi femme à fleur de peau
Femme aux doigts guérisseurs au souffle parfumé




De Mélusine réenchantée, 2015

Te busco en los poemas de amor
bajo las alas dulces del ruiseñor
y en los estribillos silenciosos
de la luna sobre la Alhambra
Te busco hasta enloquecer
cuando la medianoche se incendia
hasta el amanecer fúnebre
en el humo negro de las hogueras de Montségur
Te busco a través de los solares
en las orillas blancas de las auroras
en el oro de las hierbas sembradas de rocío
en la boca redonda y fresca de las rosas.




Je te cherche dans les poèmes d’amour
sous les douces ailes du rossignol
et dans les refrains silencieux
de la lune au-dessus de l’Alhambra
Je te cherche à en devenir fou
lorsque minuit prend feu
jusqu’au petit matin funèbre
dans la fumée noires des bûchers de Montségur
Je te cherche à travers des terrains vagues
sur les rivages blancs des levers de soleil
dans l’or des herbes ensemencées de rosée
sur la bouche ronde et fraîche des roses.





De Au cœur du cri (Éditions Les voleurs de feu, 2010)

En el corazón del grito

Espero la desecritura
el estallido de una palabra sobre la piedra
espero la panacea de las soledades
en una ceremonia de follajes
y de llamados de pájaros
espero la contaminación abrasante de las savias
la tierna crucifixión
donde los ojos se retornan
bajo la presión mortal del deseo.
Espero sublimes encantamientos
para ir delante de las alas del viento
me levantaré
contra los dolores profundos
que los hombres infligieron a las mujeres
desde épocas inmemoriales
espero la danza de las desesperanzas
en medio de los tambores batientes de la tempestad
donde  afluye la multitud de flores en cólera
Ahora las violetas recubren mis ojos
y escupo rubíes de sangre en los pozos
espero un lenguaje encarnado
con los gestos de la luz
en los teatros de sombra de la desgracia
donde toda poesía se escribe en el corazón del grito.




Au coeur du cri

J’espère la désécriture
l’amorce d’un mot sur la pierre
j’espère la panacée des solitudes
dans une cérémonie de feuillages
et d’appels d’oiseaux
j’espère la contamination brûlante des sèves
la tendre crucifixion
où les yeux se révulsent
sous la pression mortelle du désir.
J’espère de sublimes incantations
pour aller plus avant sur les ailes du vent
je me lèverai
contre les douleurs profondes
que les hommes infligèrent aux femmes
depuis des époques immémoriales
j’espère la danse des désespérances
au milieu des tambours battant de l’orage
où ruisselle la foule des fleurs en colère
Maintenant des violettes recouvrent mes yeux
et je crache des rubis de sang dans les puits
j’espère un langage incarné
avec les gestes de la lumière
dans les théâtres d’ombre du malheur
où toute poésie s’écrit au cœur du cri.






Tengo sólo el gavilán
la obsidiana
y la Reina de Corazón
Tengo sólo el grito
encarcelado por la razón
el diamante del unísono
Tengo sólo la estrella negra
el ideograma de la sangre
los gestos locos de la tempestad
Mi rebelión está intacta.



Je n’ai que l’épervier
l’obsidienne
et la Reine de Cœur
Je n’ai que le cri
à l’étouffée de la raison
le diamant de l’unisson
Je n’ai que l’étoile noire
l’idéogramme du sang
les gestes fous de la tempête
Ma révolte est intacte.





De Secret poème (Chemin de plumes, 2011)

Yo inventaba a la muerte
su mirada sus espejos
el vacío
un lenguaje sin futuro
largo y redondo
como una vena nutricia

Había un niño cándido
que  descascaraba
el lugar del revés
un niño de caderas estrechas
con gestos agudos
que jugaba con un pájaro verde

Yo inventaba una fiesta
una herida bella y callada

No había escapatoria
y no tenía ganas más de reír.




J’inventais la mort
son regard ses miroirs
le vide
un langage sans avenir
long et rond
comme une veine nourricière

Il y avait un enfant candide
qui décortiquait
l’endroit de l’envers
un enfant aux hanches étroites
avec des gestes aigus
qui jouait avec un oiseau vert

J’inventais une fête
une blessure belle et cachottière

Il n’y avait pas d’échappatoire
et je n’avais plus envie de rire.





L'IVRE LIVRE

La sombre nécessité de vivre
retombe entre les tombes
Rituels d'aube et de silence
sur la mousse et le marbre
Les grands arbres dépouillés de l'hiver
sont les scribes du ciel et de la terre
Un poème fleurit sur la neige
un poème entre les lèvres d'un livre
que jamais personne ne lira
Un livre dont tournent les pages
au rythme du souffle des rivages

La nécessité de vivre elle
succombe lorsque vibre
la lyre des paroles d'amour



COROLLE

J'imagine la main nue
la main de la lumière
chant d'azur décolleté
où l'oeil se retrempe

J'imagine l'or fin des doigts
sur la frise d'une chevelure
en laquelle l'ombre s'irise
avec le murmure des fontaines

J'imagine l'opale des ongles
et le trait couleur de rosée
tracé sur la peau des mots
fruits d'on ne sait quelle fleur




CONFESSION POÉTIQUE

Dans le bleu d'un seul mot
mon amour s'entend
mon amour se lève
mon amour se rêve
mon amour s'étend

Le vent rafraîchit ma fêlure
je m'enivre de bruime et de nuit

La ville se referme
sur chacun de mes pas
j'écoute
le silence d'un catalpa
contre un mur de béton

Place des Fêtes
un enfant africain
porte le monde sur son dos

La ville pleure
d'humaines solitudes

Mon amour se fêle
au fil des mots
une voix qui n'est pas la mienne
me dicte le sens du poème

18.01.10




LA CHAIR DU DÉSIR

Tu es ma nuit radieuse
nuit sortilège nuit sacrificielle
où le sexe incarne le sang
des hautes luttes passionnelles
où le coeur bat le rappel des rêve
sur des tambours d'ébène

Je suis pirogue d'os et de peau
remontant le cours d'une Amazonie fiévreuse
aux berges peuplées de perroquets
et de toucans criards
de singes hurleurs
parmi les lianes du désir

nous sommes fleurs et flammes voluptueuses
à l'assaut d'un ciel étoilé
où s'écrivent en lettres délirantes
les mots d'amour que nous étouffons
jusqu'à ce que mort nous couve
dans un berceau de douce humanité

10.10.09




AMNESIA

Je vois jouir
du fond de mes années
la femmes aux sèves rougies
entre des feuillages de vie
des ailes d'azur
et de trop brèves éclaircies

Il n'y a plus le silence
sur les portées de la lumière
et le fleuve s'est tari
entre sa source et l'oubli

Il n'y a plus que cette pluie
qui efface mes traits
dans le tronc moisi du soleil

Il n'y a plus au-dessus des toits
ces danseurs en équilibre
sur l'arête des jours

Il n'y a plus la présence
la douce présence d'un monde
contre la peau des amants
qui s'en vont à la guerre

Je vois jouir
au fond d'un océan amnésique
la sirène et l'hippocampe
dans un lit de sable et d'algues
renversé près de la coque rouillée
de tous mes naufrages

05.10.09




LE VENT DE LA RÉVOLTE

Cette nuit je lâcherai mes nègres
mes nègres de foudre et de fièvres
mes nègres à tambours battant
les premières gouttes de pluie
sur le sol craquelé des savanes

Je lâcherai mes nègres solaires
le long des grands fleuves du rêve
nègres d'albâtre et nègres nus

Cette nuit je briserai les chaînes
des tribus ardentes de mon sang

J'affranchirai les fils de mes frères
et les filles longues des moussons
pour qu'ils essaiment les continents
sur le dos des vents de la révolte!

Cette nuit ne rentrerai pas
je pars vers un pays sauvage
un pays où fauves et gazelles
vivent en paix l'ombre et la lumière
avec des étoiles plein les yeux

05.12.09





Secret Poème

D’où me répondrai-je
d’une rive à l’autre
déficient déjà à l’orée des pianos ?
Je me déploie avant la fin du voyage
je goûte des fruits mûrs
je mange mes lèvres en me retournant la langue
transmute des mains que je serre
en fervents transports d’être à être
J’habite celles qui me caressent
il fait un temps de pluie d’étoiles filantes
J’étudie des conjectures
plus bizarres les unes que les autres
Je déraille je m’entortille
entre une défaillance et un oubli
qui sait l’harmonie qui s’y retrouvera
car la plaie est profonde
le chagrin la cimente
un chant d’oiseau l’affûte
J’ai perdu une clé d’argent
dans les herbes hautes du printemps.

Secret Poème, II, Éditions Chemins de Plume, Collection Un poète/Une voix, 2012, pp. 14-15.







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