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domingo, 25 de junio de 2017

GENEVIÉVE HUTTIN [20.230]


Geneviève Huttin

Geneviève Huttin. (Montargis, Francia, 1951). Cursa estudios superiores de filosofía. Autora de libros radiofónicos; animadora y productora para la emisión del programa cutural Noches de Francia entre 1989 y 2014. Desde 2011 anima el programa La nuit rêvée de… con personalidades del mundo de la cultura. Ha publicado Seigneur… (1981) ; Paris, Litanie des cafés, (1991) ; L’histoire de ma voix (2004), Cavalier qui penche (2009), Une petite lettre à votre mère, (2014)  (Premio Revelación en Poesía de la SGDL en 2014), Ecrire malgré nous (2016), Lorrains Imaginaires (2016).



CASA QUE SE VA

Habiamos ido juntas a buscar
La casa que había sido de mi madre

Pequeña, minúscula
Entre viñedos secos
Las raices hiladas de mi paisaje natal
Mi madre ya no estaba para esperarnos

Soy la que fui
Y la que seré para ti
Si nada me detiene

Quien me liberará
De ser una casa que se va?

Cuando pasa el tren por el fondo del jardín
El aira sacude el cerezo, sin que la escalerilla caiga

La libertad, es mi madre,
la pequeña patria que tengo en mi cabeza

Yo quiero a un lobo, es mi padre
Sus mejillas huelen a limadura de hierro.




L’histoire de ma voix, Farrago Eds, 2004






Geneviève Huttin, écrivain, née en 1951 à Montargis dans le Loiret. Élève de L’École normale supérieure, puis professeure de philosophie, elle est devenue, de 1989 à 2014, animatrice radiophonique à Radio France dans le cadre de l’émission « Les nuits de France-Culture » et « La nuit rêvée de »… (archives et entretiens avec des personnalités de la culture). Elle exerce une activité critique sur son blog Mediapart et sur des sites français tels que Poezibao, Sitaudis, Encres vagabondes.

Ses principaux livres publiés sont:

Paris, Litanie des cafés, coll. «Poésie », Seghers (1991),
’Histoire de ma voix, Farrago (2004),
Cavalier qui penche, Le Préau des collines (2010),
Une petite lettre à votre mère, Le Préau des collines (2014),
« Lorrains imaginaires », revue Triages (2016),
Écrire malgré nous, Passages d’encres (2016).

Elle a reçu le prix «Révélation Poésie » de la Société des gens de lettres en 2014. Le poème est pour elle proche du récitatif : chant déclamé épousant les intonations et les inflexions de la langue parlée.

Le poète et critique américain John Taylor a rendu compte de son oeuvre dans Paths to Contemporary French Literature, panorama critique des écrivains et poètes français, et dans Into the Heart of European Poetry, deux essais parus chez Transaction Publishers, Londres-New York. Le poète américain Bradford Gray Telford a donné une traduction de l’Histoire de ma voix, pour laquelle il a reçu un grand prix de traduction. Et des versions en américain des poèmes de ce recueil sont parus dans Lyric Review, Agni, Dirty Goat, Lake effects.



L’Allemand de RE

 à Martine Broda

Jours de RE,
où le destin se présenta

Martine, toi qui disais
« pOème » d’une manière spéciale
pô-ème

je pris ta mélancolie sur moi

il y eut une pluie d’étoiles filantes

nous t’avions perdue de vue,
tu nageais,
tu nageais,
et puis tu es revenue de la mer

les deux bouts d’horizon qui brillaient dans ses yeux à lui





EXTRAITS DE TEXTES
( extrait de Lorrains Imaginaires , à paraitre) 


LES ROIS DE SAINT BRIEUC 


Dans un château-musée au bord de lamer 
nous parcourons des salles dédiées aux rabbins des origines 
mon ami achète des rouleaux en ivoire 

C’était après, après 

que les pères aient brisé la loi des pères 

C’était avant, avant 

que j’aie perdu tous les secrets de tous les pères 

Ce rêve où tous les rabbins sont là 
rois oubliés sur les vitraux 
dans le château de Saint Brieuc 
avec des barbes et des couronnes à trois pointes 



A KALICUT 

Le Paris Strasbourg 
se jette en ligne droite 

De la voie surbaissée 
on ne voit plus le paysage 

Le pays est invisible 
il est enchanté 

sous les toits à longue pente 
les hommes 
le fourrage 
les bêtes 
cachés 
perpendiculaires 

à l’endroit et à l’envers 
les bêtes 
le fourrage 
les hommes 

tout est dans la brume et dans la tête 
arrivent les sapins et des maisons pastels 

C’est le 11novembre, 
et le pays est bien calme 
c’est le pays des morts 

Parmi tant de rêves à son sujet 
le long des géants aux couleurs de l’automne 


Le temps d’un voyage dans la FORET 
Je mange le gâteau d’une Voyelle 





NOIRE 

A Kalicut 

le drapage rouge des hêtres 


Voyageuse couchée dans la forêt 

Les rayons de l’étoile rendus palpables 
par l’humidité de l’atmosphère 

Aller des deux côtés du paysage, 
regarder passer la lumière sur l’autre versant 
et de la France en Allemagne. 



*


(extrait de l’Histoire de ma voix.) 


MAISON QUI MARCHE 


Nous étions parties toutes les deux 
chercher la maison qui aurait été celle de ma mère 

Petite, minuscule 
dans les vignes sèches, les racines étiolées de mon Loiret natal 
ma mère n’y était plus pour nous attendre 

J’ai fait le rêve de celle que j’étais, que je serai 
pour toi 
si rien ne m’arrête 

Qui me libérera d’être une maison qui marche ? 

Quand le train passe au fond du jardin 
l’air qui remue le cerisier ne fait pas tomber l’échelle 
la Liberté, c’est ma mère, la petite patrie que j’ai dans la tête 

J’aime un loup, c’est mon père 
ses joues sentent la limaille de fer 



*



A BELCHATOV 


Comme Georg et Gretl 
se retrouvaient dans le miroir 
nous nous retrouverons sur la route 

Tu porteras le luth des ancêtres 
quelqu’un nous donnera à manger 
quelqu’un d’autre nous donnera un livre 

Il découpera une lettre pour chacune 
et nous mangerons la petite lettre 

Devant l’objectif 
un champ jaune qui fuit 
une petite église polonaise 
sur la route du crépuscule 
où ton père partit 


*


TRESOR de la poésie universelle 


Il est 3 heures de l’après midi, 
à la porte de l’arrière boutique, 
l’apprenti boulanger 
fume enfin sur le trottoir 



En relisant le Trésor de la poésie universelle 
j’apprends ce que j’ai fini d’apprendre 




Avoir eu la Vue , l’avoir perdue 
et l’avoir retrouvée ensuite en faisant un sacrifice 


Ce que j’ai su en perdant ma mère 
quand j’ai lu 
Le Trésor de la poésie universelle 
que je dois relire maintenant 

j’avais lu que l’âme était un Fil de Coton 

je ne le retrouve pas, quand je le cherche, 
le fil 



Par contre je me souviens très bien qu’un homme était passé dans le couloir du train 
au retour de l’enterrement 
il avait sur la lèvre un bout d’eucalyptus 
et derrière lui 
la Gare de Sète 

J’apprends que les prières à la pluie ont été des sons purs 
qu’il fallait entrechoquer des bâtons et faire 




Da dad a 
Da a dad a 
Da a dada 
Da katakai ! 



Je trouve ce que j’ai déjà trouvé 

quelques strates 
suffisent dans toute vie 
pour faire un tableau 
un poème 

Qu’ils sont toujours d’époque et que toutes les choses sont et seront toujours définitivement 
d’époque * 


Que la poésie amoureuse vient de l’Inde, qu’elle a inspiré les images les plus excitantes 
l’éléphant de tes hanches 


Que le Premier Livre a été caché 

Que le soleil a d’abord été faible et minable 



Que j’avais compris Rilke 
quand j’étais jeune 


Que j’aurai confondu la poésie avec la possibilité 
comme on dit « Une église Pré- Romane » 

Que j’ai écrit dans ma vie quelques poèmes 

-simples poteaux télégraphiques 
de la rue de mon enfance- 

plantés entre moi et moi 

les épingles qui me piquaient 
lorsque ma mère posait sur moi un patron de couture 
pour que je me redresse 


*D’après Anne Talvaz 
« Tout est toujours d’une époque » 
Imagines ( Editions Farrago Leo Scheer . 2002) 

Geneviève Huttin.










-

jueves, 1 de junio de 2017

ERIC SAUTOU [20.168]


ERIC SAUTOU

Eric Sautou (1962), poeta nacido en Montpellier, Francia. Ha colaborado en diversas revistas y ha sido incluido en las antologías Autres territoires (2003) y 49 poètes (2004). Autor de una decena de libros, algunas de sus obras son Le nom des fleuves (1999), Canoë (2002) y Les Vacances (2012), de las cuales presentamos algunos poemas. 

Bibliographie

● Les Vacances, Flammarion, 2012
● Frédéric Renaissan, Flammarion, 2008
● Les Iles britanniques, Tarabuste, 2007
● La Tamarissière, Flammarion, 2006
● Un Oursin, éd. Le Dé bleu, collection Le farfadet bleu, 2004
● Rémi, Tarabuste, 2003
● Canoë, Flammarion, dans le volume collectif Venant d’où ? 4 poètes, 2002
● Le Nom des fleuves, éd. Le Dé bleu, 1999
● Le Capitaine Nemo, Tarabuste, 1998

A participé aux anthologies :
● 49 poètes, un collectif, éd. Flammarion, 2004
● Autres territoires, éd. Farrago/Léo Scheer, 2003





Las traducciones son de Raúl Durán.
http://circulodepoesia.com/2017/05/veinte-poetas-francofonos-recientes-eric-sautou/



Resurrección

el sol pasó
la mano descansa
vengo con palabras leves
soy el niño calmo
no conozco las piedras las flores
la vida va sin dar respuesta
un frágil dios posa en los aires
felices cosas desvanecidas

de “Le nom des fleuves” (1999)





Résurrection

le soleil a passé
la main repose
on vient avec des mots légers
on est l’enfant silencieux
on ne connaît pas les pierres les fleurs
la vie s’en va sans réponse
un dieu fragile s’établit dans les airs
heureuses choses évanouies

de “Le nom des fleuves” (1999)





sin título

venir con las piedras
cerca de fuentes frías
mi madre se iba lejos de las ramas
las hierbas se mecen al anochecer
está la casa con la única lámpara
las palabras
son más grandes
escribo de aquí

de “Canoë” (2002)





sans titre

venir avec les pierres
près des sources froides
ma mère s’en allait loin des branches
les herbes glissent dans le soir
il y a la maison avec la seule lanterne
les mots
sont plus grands
j’écris d’ici

de “Canoë” (2002)





La biografía

he corrido
en los jardines
un secreto
es un gran vacío
duermo adonde vaya

*

tengo una historia
más grande que yo
la narro con placer
una escalera
en la bujía
y todo allá arriba
mi cuarto de apache
mis fraguas

de “La Tamarissière” (2006)





La biographie

j’ai couru
dans les jardins
un secret
est un grand vide
je dors où que j’aille

*

j’ai une histoire
plus grande que moi
je la raconte volontiers
un escalier
à la bougie
et tout là haut
ma chambre d’apache
mes forges

de “La Tamarissière” (2006)





La carta

Me duermo (con remordimiento).
Intenté escribirte.
No saques las flores de la habitación, las flores se marchitaron.
Llueve afuera. Me vuelvo débil. No hablo. Escribo.
Del cielo susurran las flores.
Me duermo. Estoy lejos. Escribo al borde de los grillos.
Estoy al borde (desamparado).
Escribo me duermo (y todo lo demás).
Al fin te veo.
¿Es como irse que llegó?
Somos el cielo, atravesados.
La habitación está vacía. El día más negro que ayer.
Llueve apenas, mil cosas alrededor.
Espero las palabras (que terminan por decirme), estoy sentado en frente.
“Cuando vivía allá…”
Son de poemas (hoy ausentes), intentos de pañuelos.
Las flores hicieron un ramo, yo las miro.
La voz, la dulce voz de las cosas, todo un jardín de flores.
Creo que despierto.
No escribo mucho más.
Escribo tu nombre, lo recuerdo.

de “Les Vacances” (2012)





La lettre

Je m’endors (avec des regrets).
J’ai essayé de t’écrire.
N’enlevez pas les fleurs de la chambre les fleurs ont fané.
Il pleut au-dehors. Je m’affaiblis. Je ne parle pas. J’écris.
Du ciel soufflent les fleurs.
Je m’endors. Je suis lointain. J’écris au bord des grilles.
Je suis au bord (désemparé).
J’écris je m’endors (et tout le reste).
À la fin je te vois.
C’est comme s’en aller qu’est-il arrivé ?
Nous sommes le ciel, traversés.
La chambre est vide. Le jour, plus noir qu’hier.
Il pleut à peine, mille choses alentour.
J’attends les mots (qu’il finit par me dire), je suis assis en face.
Quand je vivais là-bas…
Ce sont des poèmes (aujourd’hui disparus), des sortes de mouchoirs.
Les fleurs font un bouquet je les regarde.
La voix, la douce voix des choses, tout un jardin de fleurs.
Je crois que je m’éveille.
Je n’écris pas beaucoup plus loin.
J’écris ton nom, je m’en souvins.

de “Les Vacances” (2012)





Desde París, Francisco Cortegoso traduce para este blog un poema longo de Éric Sautou, até agora inédito nas linguas dos Pirineos para abaixo, pertencente ao seu último libro, Les Vacances, publicado en 2012. Sautou naceu en Montpellier en 1962 e é autor dunha decena de libros, entre os que se atopan, ademais do mencionado, Le Capitaine Nemo (1998), La Tamarissière (2006) e Frédéric Renaissan (2008).


Non temas máis, di o corazón.
Virginia Woolf, Mrs Dalloway.

Escribo as palabras que vexo.
De en pouco vai nevar, folerpa xa.
As palabras permanecen tan simples.
El conta cos seus dedos até doce; velaí! pensa cando, un despois do outro, ergueu os seus dez dedos; dous a sumar recomezamos, todos os dedos repregados e un fai o polgar, dous o anular, eis os doce. Resulta pasmoso, números e dedos, e que dúas mans non poidan senón dez, o número dez, non máis alá.
Sabes, a casa está alumada – aínda.
(Unha pequena moi pequena casa.)
Poema: a pega
dille ao peixe
peixe
eu son a pega
Escribo as palabras que vexo.
Consólanos.
A convallaria.
Neve, aldea soñada.
É a lúa (pasando).
As flores máis sinceras.
Consólannos.
Neve, aldea soñada.
Flores (o trevo frío).
As flores.
Bolboreta (encontrará a saída).
Cando o vin pensei: velaí!
O mundo en nacemento.
A miña casa, Señor, non alberga a verdade; lin nos libros que a miña casa, Señor, non alberga a verdade.
Todo é negro todo de redor.
Escribo porque non estás aquí teño medo que xa non esteas máis aí sei que che escribo e xa que logo sei que te escribo.
Sobre todo non adormezas.
Consólanos.
Debilitado (sentado perto do lume). A súa tribo obsérvao quen se afastan (sobre a barca estarrecidos). El ve as lombas, a súa casa de pedra, a súa tribo (dispersa ao amplo dos campos).
Consólannos.
Poderiades, como moitos fixeron, tentar coñecelo (poderiades mesmo consideralo amigo).
El escribe historias que non conta a vontade (aquela da oca por exemplo).
O que el prefire, guindar o pastel tenro e a cor vello rosa; son os animais (todos os animais).
No resplandor das rúas os álamos.

Consólanos.
Teño frío, a cada pouco máis (consólanos).
Andoriñas no serán.
A convallaria, a mimosa.
Sobre todo non adormezas.
(É particularmente certo as estrelas.) 
Vinte e catro mariñeiros apiñados á corda.
A neve pousa no nada (ouvimos respirar).
Obxectos apracíbeis, abandonados.
As mans xeadas baixo a almofada.
Soños (que non lembramos).
Nós somos radiantes, abandonamos o noso sol.
Ínfimos fulgores.
A neve cae (cae).
Ínfimos fulgores (ouvimos respirar).
Somos (privados).
Isto só aconteceu tempo atrás.
Teño frío sobre a pel.
Ouzo.
A respiración.
Trazo duras pegadas.
Téntoo de pés nus sobre o vidro.
Hai que asubiar ou chifrar (vibrar como as cousas).
Ler, escribir, (ceo anubado niño de palla).
Azul e amarelo (verde mazá).
A bondade.
Os paxaros, sempre outros, altamente conmovedores.
Flor (que non lembramos).
Flor da silveira.
Unha flor na distancia (ouzo bater a chuva).
(Veredes que é sempre cando chove.)
A bondade.
O vagar.
As árbores (xemendo).
Ler, escribir (recordos minúsculos).
Todo é negro todo de redor.
A lúa (que chamabamos a lúa) deveu a noite.
O pío, aí que guindamos pedras (razón que apareza).
Unha flor, é esta (ou Pedras entre a neve).
O que escribes desde tanto tempo atrás?
A miúdo ouvía tocar o sino.
O enorme edredón.
Milleiros de abellas, unha flor enxoita, as soleiras, as oliveiras de estío.
Decidía entretanto que non habería máis laios non me compadecería xa máis.
Non trataba doutro que de ti e de min. (Verlaine.)
Voluptuosidade sen suspiro fiado á miña orella. (Coralie.)
Onde non chegará a sorpresa de me ver deste xeito acariñarche a meixela. (Coralie á bela Clément.)
Os castelos de area fría. (Rhoda.)
O meu caxato, as miñas flores, abandónoas. (Lenz.)
Nubes que pasan. (Rhoda.)
A árbore abatida a auga devóraa. (Lenz.)
A auga volve fría, o ar é frío. (Rhoda.)
A miúdo falo só.
Gosto desta foto, aquí, esta.
As cousas avellentaron sobre a cómoda.
Pode nevar, chover, ou non.
Vagalumes e reloxos de area.
Mais nada que a penas adiviñados, antigos cafés profundos, árbores negras, esfolladas, un tapiz esponxoso, crepitante, que esa que pesa sobre esoutra pousada na terra, non ouve senón repentinos ladros silenciados, asubiando – e como así tornan.
Ler. Escribir.
Como unha flor de tinta despregada do papel (aínda que peche os ollos...).
A poesía (“...e sentín por un pouco o seu inmenso corpo” Arthur Rimbaud).
Durmo.
As flores que vos enviamos (as cousas belas) as árbores (delicadas).
Nas flores malvas (flores e follas mortas) chove sobre a terra sobre a herba chuva observo a chuva.
Até cen.
Logo é certo nada mudou?
O rebote, o escuro eco.
Non estou só sentado en voo na dorna.
Fastuoso xogo de lampos.
Pasada a treboada fixo bo no serán.
Reabrir a vela – a reaparición.
As bolboretas (baten infinitamente).
O ultramarinos (de Félicie).
Fun o vello neno por caso.
Suma toda un aborrece máis ben.
Certo tesouro moi antigo.
Unha árbore en si (de son vivo).
Lagarto (desamparado).
Unha neveira de polistireno azul, un pelador, un reloxo de cuco, unha botella de refresco.
As cigarras (regálanse un recital).
(De igual xeito a poesía non quere que pousemos.)
Sorte de paisaxe última: o mar.
As flores do cardo (elas tamén tiveron a súa parte).
Nubes (esfiadas).
Fóra vai menos frío.
A dozura (de rematar).
Lémbraste de min?
Ao que chegarás?
Nós non chegaremos alá.
Xa pouco non chove.
Por veces aborrezo un cacho mais non ten importancia.
Eu non sei nada cando escribo.
Non estamos mortos.
Véxote na imaxe.
Oi, acho que vou partir.
O outono e mais o inverno.
Pequeno home sen palabras, sen música, sen nada.
Sentado sobre un banco no peirao – silencioso.
A dozura (de rematar).
Son os balóns, os chapeus (son flores estrañas).
Após, cada un de nós desaparece.
Recordo de amizade.
As palabras son as mesmas.
Vémonos menos coido.
Escribo para estar aquí.
Todos os cardos, a sorte de azuis, a luz do verán sobre o gran papaventos.
Logo é certo nada mudou.
Endexamais voltamos a nos ver.
As palabras suplementarias.
Chove (de paso).
Os meus poemas fan vellos no marco.
É un camiño que atravesa e nos leva (sós e sen palabra)
Chove (de paso).
O mar está calmo.
O mar é máis escuro de súbito.
Pensei que sería bo escribilo.
Podo sentar baixo o ceo (escribo).
Vexo reaparecer (e mais non dixen xa palabra despois).
Se xa pouco non chove e é máis doce.
Ela abandona.
Volta.
Nada non unha nube.
Si de acordo é si.
A árbore deixa caer os niños
Leves sobre as follas
Tranquilas as augas
Ser (baixo o abrigo).
Aqueles que, alí, sobre a praia, non poden xa máis nada por vós.
Soño adormecido.
A Tamarissière.
Oración.
Mil cousas.
O meu corazón (bate aínda perto do corazón). Silénciome. (Silénciome, escoito.)
Tiramos dos pés as sandalias descendemos.
Escribir non o di máis, amar non é de certo.
Estamos no bordo avanzamos.
Camiñar, camiñar aínda.
Entrar (no primeiro cuarto escuro).
Cego perto das voces.
Oración.
É unha oración (unha oración aparentemente).
Dúas flores reabertas na auga (lentes de flores).
Descenden das montañas, roldan as ribeiras, agardan que apareza. (Os animais sofren.)
Anacos de madeira, montes de cousas en equilibrio.
Coios guindados ás nosas portas.
A herba e o orballo.
Manteis no interior, incensarios.
O vestido de ouro e o sobrepeliz.
O que resta de lume.
Soprar a chama.
Isto é o alumado (é prendido) longamente as vagas  (a chuva).
Neste movemento de estrelas (e nós aparecemos) son as palabras que deseño esquecémolas.
Fun supersticioso sen exceso.
Vixiado (protexido á vez).
O pouco en todas as cousas.
Eu non amaño, rexeito.
Cada unha das palabras (redescuberta).
Un tren parte (logo desaparece).
Podo camiñar (e desaparecer).
Feble flor.
A agua (nos meus zapatos).
O gran ceo.
Vin, nun lampo, o relampo, golpear, todo o horizonte negro.
Todo é negro de redor.
So pena de ser acordado.
Teño frío baixo o meu pucho.
As vagas.
As vagas.
Chove olla chove.
Desapareces (e incríbel nada é máis silencioso).
Contra as palabras na evidencia.
Encontra a rima.
Chove.
O tranvía é alumado baixo a chuva.
Contra as xanelas, sobre as palabras da palabra amor, na velocidade, encima embaixo das pontes.
Cuarto de inmoble, negro de luz, abaixo como a agua.
Xamais eu apago.
Pedir un desexo.
Seriamos lanzados ao baleiro por nós mesmos.
Todo un anaco (de muro estrelado).
Luminoso sobre a baía abre en arcos.
De costas baixo a cúpula.
A miña mai non é máis que o amor mais alí demoro.
Soños que son voces (gosto de dicilas todas).
A resistencia cede.
Poalla.
Poema: o pombo torcaz (ela mesma sobre a vella árbore ruiba...).
Os paxaros non saben nada. (Así mesmo un cabalo non ten imaxe.)
Soño.
Dunha carta de meu pai (recibida por correo: “O primeiro soño”)...
Poalla.
De abrigo negro e gardachuva (nós eramos un baixo os tres gardachuvas).
Ou ben entón peixes (que mesmo debuxados non son visíbeis).
Íllome no cerne e avellento.
Vamos guindar pedras caen máis unha vez.
Non é preciso que morra, non é preciso que morras.
Agardamos a neve (foi anunciada).
Reabro finalmente os ollos.
A neve inmensa.
Olla como neva (a neve inmensa).
Longamente respirei.





Le poème pour dire les poètes contemporains  La poésie d’Éric Sautou

par: Matthieu Gosztola
Le principe de cette chronique est le suivant : Matthieu Gosztola écrit à chaque fois un poème « sur » l’œuvre d’un poète contemporain. Ce poème a pour fonction, de par et le sens qu’il véhicule et le recours à la forme qui le constitue en tant que poème, de dire quelque chose de cette œuvre et de son mouvement.



À la suite de son propre poème, Matthieu Gosztola propose plusieurs poèmes du poète en question.


on écrit on avance
dans le blanc
de la page
on croit déplacer
des montagnes
en déplaçant
jusqu’à la page
les lettres
des livres

et en les met
tant
parfois & souvent
dans 1 ordre différent
comme 1 jeu
mais très sérieux

: jeu d’exister

des livres :

ceux spécialement
aimés comme
des bouquets
de fleurs
simples (simples comme des comptines)
ou des chansons
apprises et répétées (pour l’énonciation
de la berceuse)
pour l’enfant terrifié
d’en soi  (pour la berceuse
de l’intérieur de soi)

mais en fait
on ne déplace
que son propre
silence

on s’avance
dans la page
et s’avançant
on se retire
en même temps

on dit « je »
mais c’est un « je » im
personnel

on est là
presque devenu
brume
ou chant
qui s’est tu
ou pas de côté
ou envolée
d’un ballon
au point
où il n’est plus
visible
et où il se dilate
se dilate
et où on sait
qu’il va bientôt
exploser

on avance
en écrivant
dans un lieu
où il n’est pas
possible
d’avancer
autrement
qu’en se laissant
aller
au silence

on avance
on devient
on écrit
on se tait (on écrit)

on se tait
et alors
ce qui se passe
et qui était impossible
à prévoir (ce qui était impossible)
c’est comme
le passage
de la veille
au sommeil
c’est comme
ce moment
où on s’endort
et où les images
prennent possession
de soi
avec la grammaire
chamboulée
car tout est
alors
chamboulé (avec un peu de repos)

ce qui s’avance
en soi
au moment
où on avance
où on écrit
ce sont les images
qui viennent
quand on vient
dans le ventre
du sommeil

ce qui vient
avec ces images
quand on s’assoupit
quand on écrit
c’est le lecteur

le lecteur vient
il existe
il se tient avec
soi
il se tient en soi
il est là
il est sur la
page
il est la page

il nous fait signe
avec la main
un petit signe
de la main
comme si on était
au loin
et on est au
loin
c’est vrai on écrit




Sélection de poèmes d’Éric Sautou par Matthieu Gosztola



QUITTER LES PLAINES

rien ne m’accueille
il tombe des branches
une maison vibre
je me hisse
je vois l’ange au clairon
la ribambelle


on démonte la forêt
les insectes viennent
des femmes sont là
agenouillées


chaque saison passe
le monde est vert

● 

une étincelle après l’autre
je suis dans la couleur
il y a de l’eau remuée
bientôt le silence


mon poème est aveugle
la lune tourne
tourne



PARMI LES AILES

il court
le vent fort l’envolerait
on éclaire les chambres


il appelle sous le ciel
il avance dans les prairies


on parle de toutes choses
on a la volonté
un dieu


nuées d’oiseaux
montagnes
qu’on enflamme


on a le secret
la vie est libre 

Le Nom des fleuves





LA CHAMBRE VIDE

n’aie pas froid
monte bien
jusqu’aux mains




les cailloux de terre ne songent pas à Dieu
la fleur qui est bleue devient pâle
le papillon est là sans jamais il n’arrive
comme ici les nuages
les pierres de charbon la sébile
ou le coffre de bois
cueillez le thym nuages sombres
vers l’eau sombre du canal le fantôme où j’écris
fenêtres
ouvertes et chantants
après douze fois ce sera comme ici c’est la chambre du fond
à s’endormir ici sans jamais lui répondre



BERCEUSE

donnez dans les mains s’en est allé
comme ici se balance
à pencher vers les choses
de quels arbres au-dessus je m’endors




venez
bercez comme un ballon
musique feuille à feuille venez
comme un lointain le paysage
et se balance encore venez





chambre dans la seule
chuchotées
sombre
d’où sombre ici le tas de feuilles
à la musique en rêve
pour quelqu’un ne vient pas

Frédéric Renaissan



NATURES MORTES

j’ouvre la porte une table
attendre assis dans le soir
j’attends sur le bois
je déplace j’éclaire j’ouvre la nappe
j’ouvre ma chaise je parle assis sur le bois
une table je laisse
la lampe je laisse ici la main




un village ou presque j’avance
là sans reflets l’oreiller blanc la chaise
d’être là à ma table une maison d’église
plus rien sur la page et rien de plus ici un vase
de terre
et tout objet de verre je m’endors sur le bois




venir asseoir dans la durée fermer
fenêtre
porte
chaque fois qu’ici comme ici déjà là sous la planche
je défais à la planche
dans l’atelier du soir j’avance
d’objets mêlés venus
de chaque objet tenu
dans le coin le plus sombre
donner à la main faire
ici rideau floué
le meuble à son chevet




s’asseoir devant et voir devant la même chose
je construis comme un peu quelqu’un d’autre qui vient
comme ici pour chacun je tombe avec la clef
plus rien pages de blanc
l’enfance ouvre la clef je défais à la main
je m’assieds je défais

La Tamarissière




10

qui suis-je ainsi au monde (nuages et silencieux)



on ne m’a pas écrit aujourd’hui (ni parlé)
un arbre
désuet
resté seul au jardin
(j’écris tant d’autres choses)




la pluie n’a pas l’habitude les oiseaux
sont volatilisés



aubaine
s’en va dans sa coquille (bientôt aubaine sur les flots)
aubaine est en déroute
appelle à elle fleurs déroutées
esquif est sur les branches (arbre vivant et dérouté)




Noël sans toi
(ou une marche sombre) les enfants qui ne savent
bercent
(ou une marche sombre)



un papillon
sur la fleur d’un souci
revoyez-vous la fleur
redonnez-moi la même










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