lunes, 21 de mayo de 2012

6891.- MUDIMBÉ VUMBI-YAKA


Mudimbé Vumbi-Yaka
(Libasi,   REPÚBLICA DEMOCRÁTICA DEL CONGO, 1941)
Es doctor en Filosofía y en Letras por la universidad de Lovaina. Enseña en la universidad de Duke, en Estados Unidos. Como escritor abarca los dominios tanto de la poesía como de la novela y el ensayo. En 1977 obtuvo el gran Premio Léopold Sédar Senghor por el conjunto de su obra.
Entre sus publicaciones poéticas están: Déchirure (1971), Entrailles (1973) y Les fuseaux parfois (1974).




Los fragmentos de una esperanza


I

Los fragmentos de una esperanza desvelan el brillo
de tus uñas en mi carne que sangra;
Memoria de siglos en un soplo de vida,
¿aún tendremos que agarrarnos a las
rocas para alcanzar el ardor de la noche?


II

A través de la rosa de los vientos y tus ojos,
discordes desmantelando palabras de amor.
Desposeído en este exilio, mis defensas resplandecen
como inmóviles jalmas rindiendo honores:
siete lunas de diez pies de alto gastadas
ahora, inútiles archivos de ceniza en una noche infinita.


III

Los tabiques aúllan, las brocas estallan,
sólo centinelas olvidados antaño
en la calzada
parecen aún saber que una breña
de hortensias tumefactas esconde todo un pus.


IV

Me he pertrechado con mitologías
porque desnuda, tú
te has incrustado entre los juegos
de un apagarse, y de un acomodarse
de un sueño extravagante.


X

Para acogernos
palengues en la ciudad y a nuestros pies ripios
sol en guijarros entre vallas
Mira:
árboles mangos atraviesan bloques
se aplastan contra un seto
en un sobresalto de monedas de oro.


XI

Pero, contra mis dientes, tu boca
sueña pastos.
Sin embargo, el despertar ya llega y el refugio
tras la enea
es un mandil sangriento.


XII

Los terrores bebidos desflecan la luz
el ladrido de nuestros cuerpos expone
al revés que nuestro deseo bajo el cielo
de nuestra esperanza: está frío y amarro
notas de carne hecha astillas, ventanas
con vistas a entrojadas pústulas e,
igual que ayer, el gozo de un dios ebrio.

(Publ. en Anthologie de la nouvelle poésie
noire et malgache, de A. L. Sali y Ch. Carrère, 1994).

Traducción: A. Rodríguez López-Vázquez)




Les fragments d'un espoir


I

Les fragments d'un espoir déjouent l'éclat
de tes ongles dans ma chair qui saigne;
Mémoire de siècles dans un souffle,
Faudrait-il encore nous accrocher aux
rocs pour accéder à l'ardeur de la nuit ?


II

A travers la rose des vents et tes yeux,
discords démantelant des mots d'amour.
Dépossédé en cet exil, mes défenses resplendissent
comme bâts immobiles rendant les honneurs :
sept glaces de dix pieds consumés
à présent, inutiles dépôts de cendres dans une nuit infinie.


III

Les cloisons hurlent, les palettes éclatent,
Seules des sentinelles oubliées naguère
sur la chaussée
paraissent encore savoir qu'un buisson
d'hortensias tuméfiés couvre une purulence.


IV

Je me suis casqué de mythologies
parce que, nue,
tu t'es incrustée dans les jeux
d’un effacement et d'un aménagement.


X

Pour nous accueillir
des tringles sur la ville et des cailloux à nos pieds
le soleil sur des galets grillagés.
Regarde:
des manguiers traversent des bâtiments,
ils aplatissent contre une clôture
dans un tressautement de pièces d'or.


XI

Mais contre mes dents, ta bouche
rêve des pâturages.
Cependant, l'éveil est là et déjà le refuge
derrière les joncs
est un tablier ensanglanté.


XII

Les terreurs bues effrangent le jour
l'aboiement de nos corps s'étale
à l'envers de notre désir sous le ciel
de notre espérance : il est froid et j'y aborde
des notes de chair éclatée, des fenêtres
donnant sur des pustules engrangées et,
comme hier, la joie d'un dieu ivre.

(Publ. en Anthologie de la nouvelle poésie
noire et malgache, de A. L. Sali y Ch. Carrère, 1994).





Lux

Palabras y aún más palabras, enuncian una orilla. Un éxtasis se transforma
en inventarios. Figuradamente, abandonado, un lugar se abre y aparece un
texto que en él se instala: La esperanza es una burbuja multicolor. Se
proclama un silencio cuyo vértigo lleva a partir de ahora un nombre.

Acabada la paciencia no habría más que esta playa. Y sus tímidos destellos a
la caída de la tarde. Allí me acecha un recuerdo. Un muerto se descompone.
Alrededor, notas gozosas de una resurrección cincelan el vértigo de una
oración.
Pero escribir es, además, decir y repetir la herida en lo más alto. Ahora está
prohibida, y entregada al fuego de los tiempos. La extensión de mi corazón,
una vez más, se hace leyenda. El fin del mundo se libera. Es el revés de la
eficacia de una palabra imposible.

(Traducción: F. Navarro)



Lux

Des mots, encore des mots, énoncent une orée. Une extase s'inverse en
inventaires. En figure, abandonné, un lieu s'ouvre et, voilà, un texte s'y
loge: l'espérance est une bulle multicolore. Il proclame un silence dont le
vertige porte désormais un nom.

À bout de patience, il n'y aurait que cette plage. Et ses lueurs timides à la
tombée du jour. Un souvenir m'y guette. Un mort se défait. Tout alentour
des notes joyeuses d'une résurrection cisèlent le vertige d'une prière.

Mais, écrire c'est encore dire et redire la blessure en une chair de faîtage.
Elle est à présent interdite, et rendue au feu du temps. L'étendue de mon
coeur, cette fois encore, devient légende. La fin du monde se délivre comme
envers de l'efficace d'un mot impossible.



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