lunes, 28 de febrero de 2011

DJAHANGUIR MAZHARY [3.185] Poeta de Irán





Djahanguir Mazhary 

(Irán, 1932). Estudió sociología y literatura comparada en la Universidad de París (Sorbonne). 

Ha sido profesor de sociología en la Escuela Normal Superior de Teherán y de la Universidad Nacional de Irán, en la cual creó el Departamento de Sociología. 

Ha sido profesor visitante de la universidad de Wisconsin (EE.UU.AA.). Ha publicado trabajos de sociología y dinámica social y un libro de poesía filosófica en edición bilingüe francés-español : La parade de l’imperceptible. 

Ha sido conferenciante invitado en las Universidades de San Luis y Boston en los EE.UU.AA., Laval en Canadá y de Antioquia en Colombia. 

Actualmente prepara un libro sobre René Descartes. Sigue investigando interminablemente sobre el origen de las huellas de las antiguas civilizaciones(persas) en el nuevo mundo (america latina). Su manuscrito va salir con el titulo "l'Amérique des Perses Achéménides".



La parada de lo imperceptible

(Fragmento)

Al despertar del alba
A los rayos del sol
A la estrella nocturna
A la mirada de asombro
de la bella del pozo
Al dormir del sueño
Al espíritu del desierto
Al canto del pastor
Al carnero
Al caballo
A las llamas del leño
en el fuego del hogar
A esa que en la ventana
con la cabeza llama
A los lectores de estas líneas
en el anfiteatro del mundo
Se oye extender
el imponderable eco.
¿Qué piensas tú hacer
con tu eternidad?

Djahanguir Mazhary en La parada de lo imperceptible




Himno a la Sierra

"Cada cual con sus diabluras"

Má allá de esos muros
esas murallas
Barreras áridas
arrogantes
de ladrillo y de cemento
que cortando la vista
desafían
el recuerdo de los valles
que en la lejanía
surcaban de antaño

las alondras
las mariposas

alejándose lentamente
para hacernos descubrir
vastos horizontes...

Más allá de esas murallas
Fortalezas masivas
agresivas

que erigen irrisorias fronteras
entre el Ser
y el Parecer
y que separan
desencantan

nos impiden hoy en día ver
los paisajes íntimos
que ingenuos
creíamos poder
contemplar de nuevo
a voluntad
a pesar del torbellino del tiempo
refrescar la memoria...

Lejos...
Todavía más lejos


Allá
En la tierra de los Tayrona

Allá donde el Océano se estrella
al pie de la Sierra

Serena en torno a su diadema eterna
de nieve

Engalanada con su cola de encaje
de conchas marinas

Magnificencia inquebrantable
de "p o r r a " !

Allá donde el "hayo" crece alto
se espiga más y más la "mazorca" (1)

Nuestra imaginación atenta
se ha retirado
con la esperanza de pescar allí
unas ranas de oro
hacer guirlandas con ellas
y ofrecerlas
a los raros valientes indígenas

tan pobres hoy en día
como pacíficos ayer

Los escasos Kogi Aruacos o Ika
deslizándose entre los pliegues
de esas soberbias montañas

Sobreviviendo aún
allí donde ciudades enteras
han desaparecido
diezmadas
por las olas de invasores
buscadores de oro
de aureolas
cazadores de cuerpos "salvajes"
"sin alma"...

Y descubiertas muchos siglos después
sobre esos relieves infinitos
en donde todo parece lejano
brumoso...

Huellas de tiempos evaporados
Fantasmas de un mundo desaparecido
Espumas de icebergs desvanecidos
Candelabros de corales florecidos
en el fondo de mares retirados

Pueblito, Ciudad Perdida
flores de piedra tachonadas
sobre terrazas esparcidas

que se estiran
se enganchan
se entrelazan
por rampas de escalinatas

a lo largo de valles soñolientos
al borde de cascadas calcinadas

Fóciles de reptiles dislocados

Collares
Pendientes
dispersos

Recuerdos de civilizaciones
embalsamadas

que se elevaron vertiginosamente
para extinguirse
cual girándulas
floreciendo
algunos gloriosos instantes...

Sin embargo nada ha podido apagar
sus sordos destellos
y por tanto el ciclo no se ha cerrado

Apenas agotado el oro amarillo
se precipitaron sobre el diamante verde
y la caza de tesoros
siguío su curso
con el mismo encarnizamiento

Pero si el indígena
no debía tener alma
puesto que no parecía
saber negociarla
y el asaltante no se arriesgaba
a la condena merecida

No le faltaba corazón
para odiar su homicidio

Ignorado
Profanado
su espíritu se cernía desde entonces
sobre las vertientes de los senderos
tortuosos

y ronda aún
entre los repliegues camuflados
de las colinas
vigilando la semilla
que se esparce

El zumo blanco
que sube por las hojas

se vacia
se seca

para volver a ascender prontamente
a lo largo de las venas
de esos cuerpos lívidos
envueltos en sudarios
aún antes de morir

Y el espíritu
paso a paso espía
a esos "predadores" moribundos
que persiguen por doquier
sus insípidas presas

Para ver algun día
el alma de su agresor estúpido
que lo deseaba sin ella
sobre las ánforas
donde la hierba tierna se consumiría





Atizando el fuego
que los hombres encienden
para exterminarse
los unos a los otros
más subrepticiamente todavía!

**********

Esbozos inconclusos
Paris Enero 1988
Djahanguir Mazhary








SANS FUMEE NI CENDRE

Je ne pense plus
ni à l'ombre qui s'allonge
ni au soleil qui s'en va
Sont vaincues les furies des fantômes d'autrefois

Je ne chante plus
ni l'austère épopée des distances parcourues
ni l'humaine nostalgie des paysages disparus
dans un monde sans merveille
où tout semble révolu...

Les vieux rêves brûlent
comme les grains d'encens

Un suc âpre de sagesse imprègne le sang
Les flammes vacillent et les signes déroutent

J'aurais pourtant aimé épargner quelque doute

Ne pas admettre sitôt cette vérité d'airain
qu'on ait vécu vraiment à ce point en vain!

Et ces mains qui ont tant servi
sans jamais lâcher les rênes

que pourrais-je leur offrir
comme une ultime étrenne?

Que le corps s'abîme ses tâches accomplies
nobles tâches de former l'intellect l'esprit

On s’y résignerait peut-être
bien qu'ils ne servent à rien
Rien que "pour comprendre qu'on n'a rien compris"!

Mais quel abîme insondable lorsque s'éteint l'esprit!

Tu seras quitte avec le monde
me rappelle une vieille voix

Car sa chance de survie lui aussi la perdra
avec ce monde merveilleux qui s'agite en toi

Et le jour où tout seul il affrontera son destin

la conscience que toi tu lui prêtais
ne sera guère son témoin

Ne plus être semblerait donc moins dur
que ne plus sentir les siens:

Les êtres chers qui t'ont compris
et t'ont sincèrement pris la main

Telle cette mère merveilleuse qui nous rassurait des fois:
"L être humain est autre chose que ses apparentes parois"
Et vers la fin répétait ébahie assombrie d'émoi:

"Je ne vais guère vous revoir
aimez-vous bien et pardonnez-moi..."

Et ce père qui priait pour éviter les faux pas
car le pari d'un Pascal consumait à fond sa foi!

L'innocent éphémère qui joue et mise
toute sa vie et son gain
toute sa prise

Et tente par d'incroyables dévers
dévier l'incontournable destin
le dompter à sa guise...

Mais quoi faire enfin
pour ne pas laisser s'éteindre
cette infime petite flamme de rien?

Ce rien qui a fait pourtant surgir
tant de choses sublimes
Qui foudroie encore
pour un moment
les géants de l'abîme

nous sauve quelque sursis
fourvoie l'inévitable surprise.

Assister impassible
aux défilés des générations
qui s'accomplissent
passent et périssent
baissant les yeux
croisant les mains?

Avaler à son tour le poison
en gardant un air calme
résigné
serein?

Ou pire encore

Clore les yeux inquiets de la raison
et pour combler ses fantasmes
courir comme des gamins

insensé
enthousiaste

aux marchés d'illusion
entendre clamer sans vergogne
des paroles pétries de sarcasme:

- D'en haut un beau jour agira
un grand sauveur souverain!

- D'en bas une nuit surgira
un vrai miracle d'Aladin...

A quand donc se reprendre fermement en main
Serrer le poing?

Le tour est joué
jouons le tout pour le tout.

Le sort en est jeté
La fin n'est guère loin.

Il ne s'agit plus
de la fin de quelques individus
d'une génération
d'un peuple...

Il s'agit désormais
d'une disparition définitive
de tout ce qui a un sens
de toute la conscience
sur toute l'étendue
de la Terre entière
de l'ensemble de l'Univers...

Une fin imminente

de l'humain et ses rêves
de l'avers et de l'envers
du bien et du mal
du Paradis et de l'Enfer...

Un point final

Non seulement de l'être
Mais aussi du néant!

Puisque celui-ci n'a de sens
que pour un être pensant

Un être bien malin
qui s'amuse à voir partout
à priori
à tort ou à raison
des antinomies.

Lui seul est capable
paraît-il
de s'imaginer en plein jour
une sombre éternelle nuit...

Sinon
le néant qui existerait en quelque sorte
serai sans doute quelque chose
et non pas le néant de toute chose...(1)

Ce serait même la fin du sens
d'un tout petit point
qu'on chercherait à mettre
à l'ultime fin!

C'est pour bien souligner
qu’il n’y aura même pas un seul point
pour mettre au terme de l'imaginable
et s'arrêter par un point final
au seuil de l'inconcevable...

Tout s'achèvera
en l'absence de l'homme
de sa conscience
dans un vague silence.

Puisqu’il n’y aura aucune ouie
pour entendre
la chute de l'infini
dans le fini

Celle de l'éternel
dans l'océan de l'oubli de l'éphémère!

Une belle revanche en somme
de l'être sur le néant
Points de suspension peut-être
seulement
pour insinuer la scène indescriptible
de ce qui se passerait après lui...

Bien qu'après lui
rien ne se passerait!

Tout rentrerait dans l'ordre
comme avant lui

L'ordre de rien
ni l'ordre
ni désordre...

J'allais écrire "rien" avec un grand "R"
Ce qui serait encore plus aberrant!

Dans l'état indescriptible que j'essaye d'évoquer
petit ou grand
l'ordre ou désordre
qu'est-ce que tout cela peut tordre?
Qu'est-ce que signifie tordre
s’il n’y a rien à prendre ?

Mais il y a en fait
au moment où j'écris
cette réalité immense
qui dépasse l'entendement.

Ce fait réel immensurable
qu'est la présence de l'homme
qui pense
et cherche à dépasser ses limites dérisoires.

Beaucoup sont partis
d'autres s'apprêtent à venir


Et cependant
l'unique évidence
est la présence de cet homme
qui a pu déjà réaliser bien de ses rêves
réconfortants
et pernicieux parfois.

Il a su enfin survoler la Terre
les océans
S'envoler vers d'autres cieux

Transmettre les sons
les images
à des distances interplanétaires
reculer les frontières
de ses aspirations
de son espoir de vie
de ses moyens de survie...

Il est toujours capable
de se dépasser
de se surprendre même
par ses audacieuses entreprises...

Il est encore plus capable
sans doute
de se dépenser
à tort et à travers
comme autrefois

De se culpabiliser même
en se fiant à des bons ou mauvais génies
extravagants
extraterrestres


Perdre son esprit
gaspiller ses énergies
et ses précieux instants
irremplaçables.

Il est bien capable d'autres folies:
déclencher des malheurs
terribles catastrophes...

Avant de réussir à se conquérir
et à se convertir
en Maître de son destin.

Il est fort temps
de tout entreprendre
afin qu'il parvienne
à optimiser ses efforts
trouver les plus courts chemins
pour réaliser ses autres rêves
les plus humains
humainement réalisables.

Mais quels sont après tout
vraiment
ces rêves qu'on souhaiterait souriants
sciemment consentis
par le commun des mortels?

C'est là le point subtil
culminant
avant même d'aborder la question tracassière
de comment ?

Veillons bien à voir
jusqu'où va-t-il atteindre
en ce sens
l'esprit de l'homme divin
hanté par l'inconséquence
de son médiocre destin.(2)

Jeu de suggestion
si l'on y tient !

Le jeu du crevard
incrédule
qu'à un moment de l'infini
se trouve abandonné
à ses propres inappréciables moyens
et s'adonne
désespérément
à défier coûte que coûte
son absurde intolérable fin...

Jeu hardi
émouvant

qui peut tourner en ronds ahurissants
sans cesser pour autant de susciter
quelques curiosités envahissantes.

Jouons-le à fond
si vous le voulez bien
sérieusement

Sans ménager ni l'optimisme
ni la prudence
Même si sommes absolument sûrs
que "...tout est perdu d'avance.".(3)

Car n'importe comment
il peut nous délivrer de l'angoisse
en nous faisant surtout apercevoir

qu'il n'est pas donné non plus
tels que nous nous sommes retrouvés
vaguelettes intrépides
sur l'étendu irréel du Temps
de l'Espace
de concevoir autrement
l'incroyable événement
de la prise de conscience de l'homme
de sa survie
de leurs conséquences...

Le parcours-même peut se révéler absorbant
et nous amener vaguer
par des sentiers sinueux
qui semblaient interdits aux mécréants.

Il est facile de toute façon
d'alléguer
comme le bon vieux Cioran (4)
que tout est terriblement mal foutu

Que "la tentation (même) d'exister"
ne serait qu'une risée de dérision
du "ci-devant rien".

Et encore plus coquin
que l'"admirable Khayyam" à son tour
avait tort de compromettre
son triste réalisme "sans réplique"
en se confiant au vin...

Celui qui pédale toujours
afin de fuir
son inévitable destin
reproche au penseur millénaire
son vieux copain
d'avoir eu recours
au " jus d'allégeance"
"pour noyer son chagrin"!(5)

La ruse rétrospective
du jeun copain sympathique
pour venir au bout
de sa raison d'éthique!...

Comme si
quelque réalité consciente
quelque génie
quelque part
serait responsable
voire coupable
de l'absurdité de l'existence !

Comme si
on aurait une idée précise
de ce qui conviendrait mieux
à cet être naturellement curieux
curieusement prétentieux...

Comme si
on aurait pu concevoir
un ordre tel
qu'en remodelant l'Univers
on parviendrait à y faire naître
une vie sans borne
imbibée de l'eau de rose
de félicité inaltérable.

Sans qu'elle se heurte à un obstacle
Sans qu'elle déborde un jour
Sans qu'elle se dégrade...

Comme si
le paradis serait autre chose
qu'une naïve illusion
Une énorme parodie
Un fascinant fantasme !



*NOTES ET COMMENTAIRES :

(1): Ce qu'on s'imagine être la négation de l'existence. Dans ce cas on pourrait avancer plus adéquatement que l'existence comprend aussi bien l'être que le néant. En ce sens le néant serait un étant inconnu, démuni des propriétés qu'on attribue généralement à ce qu'on appelle l'être. Tels ces particules qu'on a baptisés (à tort à mon sens) "antimatières" dont les propriétés ne sont pas encore bien connues mais qui sont capables de neutraliser ou de détruire ceux déjà connus comme "matières".

Cette appellation erronée prêterait à penser que les premiers pouvaient passer pour "non matériels ou tout bonnement "immatériels"!

(2): Il vaut mieux ajouter en vue de rester réaliste qu'il n'est médiocre que par la faute d'une certaine justice qu'on est sensé constater dans le monde des humains (et dans tout autre ordre naturel à partir de cette même sensibilité humaine) et par la terrible déception de la fin de toute chose...
Sinon aucun génie ne semble être capable d'imaginer clairs-obscurs plus ravissants et tant de splendeurs que font renaître à chaque instant les reflets changeants de la nature; des sentiments d'affection et d'affliction, de l'amour en somme... et l'immense variété de jeux d'esprit que sont capables de créer les êtres humains.

(3): "Le sort d'un individu
d'un seul être humain... est perdu d'avance.
tout le monde connaît par cœur
cette vieille romance."
Extrait de "La parade de l'imperceptible" par l'auteur de ces lignes.

(4): Ecrivain roumain Emil Michel Cioran vivant à Paris connu surtout pour son pessimisme sarcastique.

(5):"...Et cette raison indiscrète
qui me rend la vie si dure
je lui envoie une flambée de vin sur la figure
pour qu'elle s'endorme et cesse ses morsures."
Khayyam

P.S.: Ces réflexions restent inachevées et cela bien exprès. L'auteur attend voir ou entendre les réactions , commentaires et suggestions de son auditoire, avant de lui présenter son propre encensoir.

De Mongi à Mongua en Boyacá
à Tenjo et à Santa Marta 1990 – 1992
Djahanguir Mazhary
Hymne a la Sierra







1 comentario:

  1. Ary !Presentar "Manifesto filosofico" de Pyrmard (el viejo) en frances en este increible Antologia me parece un muy raro evento...
    Gracias Sr Sabido Sanchez.

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